L’ L’Eglise du Saint Sépulcre a très peu de ressemblance avec les églises auxquelles sont habitués les visiteurs dans leur pays – c’est une des bonnes raisons de la visiter. C’est là que les Chrétiens orthodoxes et catholiques situent la crucifixion et le tombeau de Jésus. Les Chrétiens des autres dénominations peuvent explorer ce que les érudits appellent « les églises historiques » : six d’entre elles célèbrent leurs rites autour et dans l’enceinte même de cette maison du culte à l’atmosphère obscure. Ces communautés sont parmi les plus anciennes, et les moins connues de l’occident, comme les Ethiopiens qui font remonter leurs origines chrétiennes à la conversion de l’Eunnuque éthiopien par Philippe ( Actes 8 :26-34). Ecouter les orthodoxes syriens prier en Araméen pourrait bien être pour vous l’occasion unique d’entendre la langue que Jésus parlait naturellement.
Certains Chrétiens préfèrent situer le site de la crucifixion et la résurrection au Jardin de la Tombe, où l’on peut voir encore une sépulture . Toutefois, le Saint Sépulcre peut être une étape importante pour la compréhension de la chrétienté contemporaine et son histoire, longue et complexe. Il vous faudra une torche électrique pour voir le tombeau de Joseph d’Armathée, en fait une grotte funéraire authentique datant de la période du Second Temple . Le Tombeau de Jésus, disent les historiens spécialistes, fut détruit par le Calife Hakim en 1099. On en recouvrit les vestiges qui subsistaient par l’Edicule, construit dans la rotonde par les Russes Orthodoxes au début du 19ème siècle, au temps où ils exerçaient une forte influence sur l’église et sur le pays.
On dit que le Saint Sépulcre est l’église la plus complexe qui puisse exister. La toute- première construction sur ce lieu fut un sanctuaire païen, édifié au 2 ème siècle par l’empereur Hadrien. Pour ce faire, il utilisa les pierres du Premier Temple démoli. Souvenirs douloureux s’il en fut, pour les Juifs comme pour les Chrétiens qui leur rappelaient que les Romains détenaient leurs lieux saints . Quand Constantin édifia au 4ème siècle la première église, il choisit ce lieu où selon la tradition, sa mère Hélène avait découvert un morceau de la croix de jésus Puis ensuite, l’église s’étendit sur ce qui équivaudrait aujourd’hui à un ou deux immeubles de la Vieille Ville.
Vous pouvez commencer la visite en descendant un escalier dont les murs sont couverts de signes de croix gravés tout au long des siècles. Installée profondément dans le sous-sol, voici la Chapelle Arménienne qui jouxte une carrière de pierre datant de la période du Premier Temple, le lieu où la reine Hélène a découvert la croix. La pièce centrale de l’église est l’Edicule , dont les icônes et les lampes peuvent paraitre surprenantes aux yeux de certains- mais les visiteurs avouent souvent qu’en ce lieu, ils ressentent une élévation spirituelle, née de ces moments passés dans le plus grand silence, dans cette minuscule pièce ou se dresse le tombeau. Non loin, vous voyez une large dalle où l’on prépara le corps de Jésus avant l’ensevelissement : de nombreux pèlerins catholiques et orthodoxe prient là avec ferveur. Une belle mosaïque apposée derrière la pierre dépeint de façon émouvante les scènes où Jésus est descendu de la croix et mis au tombeau. En haut d’un escalier abrupt, le site même de la crucifixion est marqué par la présence d’un autel orthodoxe grec et un autel catholique , et les Chrétiens du monde entier attendent patiemment leur tour pour toucher de leurs mains le rocher qu’ils tiennent pour sacré.
Ainsi, les visiteurs de l’Eglise du Saint Sépulcre se trouvent à la fois plongés dans l’histoire chrétienne, et ont sous les yeux le témoignage vivant de la ténacité des Chrétiens, qui vénèrent leur propre parcelle de Jérusalem, depuis les temps les plus reculés jusqu’au temps présent.*