Neve Tzedek, Jaffa et le Port de Tel Aviv, le Mémorial d’Yitzrak Rabin : voici quatre lieux qui reflètent bien le caractère multiple de Tel Aviv : animée, vibrante, séduisante, baignant dans l’histoire mais aussi, lieu solennel qui marque l’assassinat d’un de ses dirigeants.
Neve Tzedek : Le souvenir des Pionniers
Vingt-deux ans avant la fondation de Tel Aviv, des Juifs s’établirent hors des murs de Jaffa et construisirent à proximité le quartier Neve Tzedek. Ces maisons et ces rues joliment restaurées conservent le charme des premières installations urbaines du pays .
Des Juifs ont vécu à l’extérieur de la ville surpeuplée de Jaffa, avant même que Tel Aviv ne sorte de terre, dans ce quartier de Neve Tzedek .
Cette enclave pittoresque foisonne de boutiques, de galeries, de cafés et restaurants à la mode, elle est réputée pour son style de vie et sa culture – et le prix de ses habitations dépasse les plus chères de la ville.
Les amoureux d’histoire et de petites ruelles romantiques y feront une visite à pied : c’est là que fut bâti le premier cinéma de la ville en 1914 ; le Musée Nahum Gutman est en fait la maison même de l’artiste qui immortalisa les paysages de Tel Aviv et Jaffa tels qu’ils étaient les premières années, par ses peintures hautes en couleurs. Il y a là l’étonnante maison Rokach, aujourd’hui transformée en musée privé d’histoire familiale et de sculptures, établi par l’artiste Lea Majaro- Mintz, la petite fille du constructeur de la maison, Shimon Rokach, premier dirigeant de la communauté de Neve Tzedek.
A l’aube du 20ème siècle, de nombreuses personnalités célèbres du monde artistique, littéraire et spirituel vinrent habiter le quartier, comme le lauréat du Prix Nobel S.Y. Agnon ou encore le Grand Rabbin de Tel Aviv, Avraham Kook.
Fondé par de riches familles juives venues d’Afrique du Nord, le quartier fut surnommé « le petit Paris » au vu de ses étonnantes innovations en matière d’architecture. L’ensemble le plus important est le Centre Suzanne Dellal, un complexe très fréquenté, dédié au théâtre et à la danse.
Il est vraiment plaisant de s’assoir dans les cafés et de musarder dans les échoppes et les boutiques de créateurs, de voir comment un petit quartier historique revit, entouré par les gratte-ciels du progrès, comme s’ils protégeaient ce trésor qui remonte aux premiers pionniers juifs.
Jaffa, l’Orange de l’Orient
Des milliers d’années d’histoire sont réunies à Jaffa, l’une des plus vieilles villes du monde, là où est née Tel Aviv. C’est un centre de tourisme, de bonne chère et d’attractions, avec un parfum d’exotisme oriental : aller à Jaffa c’est comme remonter le cours du temps- des gratte-ciels s’élèvent sur votre gauche, tandis que devant vous s’étale une ville qui compte des milliers d’années derrière elle. Les tours de verre étincelantes cèdent la place aux vieilles pierres et aux anciennes arcades.
Port principal de l’ancien pays d’Israël – l’un des premiers du monde - Jaffa était un centre de commerce, de culture, d’agriculture et de tourisme, un port de destination pour les lignes maritimes depuis Beyrout ou Alexandrie. Au départ de la place de l’Horloge, des caravanes de chameaux et des convois de chariots se dispersaient vers tous les points du pays , et les pèlerins se mettaient en marche vers la ville sainte de Jérusalem
La tour de l’horloge bâtie par le sultan turc Abd el-Hamid II en 1906, du temps de la domination ottomane, vient d’être restaurée, tout comme le square qui l’entoure . Dans la ruelle qui jouxte la Mosquée Mahmuddiyah, les hommes sont absorbés dans d’interminables parties de jaquet - ou de « shesh-besh » en langage du cru.
Les cafés proposent le narguilé accompagné de minuscules tasses de café turc très fort et recréent une authentique atmosphère orientale
A l’ouest de la place, on voit le port et la mer : des pêcheurs penchés sur le parapet de pierre de la promenade attendent patiemment que le poisson morde à leur ligne, tandis que les vagues se brisent doucement sur le Rocher d’Andromède, un peu plus loin dans la mer .
Le port n’a pas beaucoup changé depuis le temps où il constituait le passage principal des exportations des fameuses oranges juteuses vers le monde entier – du reste, elles portent son nom : «Jaffa »
Le port accueillit aussi les premières vagues d’immigration juive dans les années 1880 : les nouveaux arrivants débarquaient au large, dans de petites embarcations qui les conduisaient jusqu’au port, alors peu profond. Théodore Herzl arriva, lui aussi, de cette façon .
Aujourd’hui le port abrite de petits bateaux de pêche. A la pointe de l’aube, les pêcheurs, en suroît jaune, les yeux battus, déchargent leurs prises de la nuit et les lève-tôt pourront leur acheter des poissons et autres fruits de mer tout frais pêchés, directement sur le quai
Un escalier escarpé grimpe du bord de l’eau jusqu’aux ruelles de la vielle ville de Jaffa. On y explore les galeries et boutiques d’objets d’art juif, leMusée d’Ilana Goor, des expositions de pièces d’archéologie et on s’arrête à de charmants cafés. Depuis la placette devant l’église Saint Pierre, près des canons turcs et des statues de soldats napoléoniens qui stationnèrent là lors de sa conquête manquée de la Terre Sainte, tournez vous alors vers le nord pour embrasser le panorama extraordinaire de Tel Aviv et de son bord de mer.
Jaffa possède aussi une synagogue bâtie au 18ème siècle par des Juifs libyens, et son quartier arabe-maronite avec de belles demeures aux toits de tuiles de terre cuite.
Sur le Boulevard de Jérusalem- la rue commerçante principale – se dresse le Théâtre Gesher, un petit trésor d’atmosphère orientale. Près du Square de la Fontaine, se dresse le Centre du Mouvement Réformé Mishkenot Daniel et au bas de la rue , voici
le Marché aux Puces, tout un monde en lui-même.
L’Association pour le Tourisme de Tel Aviv-Jaffa propose des visites guidées gratuites ( en langue anglaise) tous les mercredi, au départ de la Place de l’Horloge ( Yefet Street) à 9h30, sans réservation préalable . Il suffit de se présenter au rendez-vous : bonne promenade !
Le Port d’escale
Le Port de Tel Aviv, désaffecté et négligé est devenu le pôle principal des divertissements et des loisirs de la ville.
1936 : des émeutes sanglantes et une révolte arabe à Jaffa poussèrent les dirigeants juifs à décider la construction d’un nouveau port à Tel Aviv ceci constituait une étape significative de la souveraineté du peuple juif en terre d’Israël.
Dans l’esprit de cette époque idéaliste, on disait : « Nous triompherons sur la violence en le faisant, » alors on entreprit la construction d’un port près de l’embouchure de la rivière Yarkon, au nord de Tel Aviv . Les premiers « nouveaux immigrants » y débarquèrent en 1938, et donnèrent au nouveau port le nom de « Porte de Sion », la porte d’entrée au pays …
En 1965, après la construction d’un énorme complexe portuaire à Ashdod, Tel Aviv cessa de fonctionner comme port de cargo - mais l’ancien port n’attendit pas trop longtemps pour se forger une nouvelle identité, bien plus animée : en effet, 70 ans après sa naissance, il est devenu le haut lieu du divertissement et de la vie nocturne, où se succèdent les clubs , les cafés et restaurants au bord de l’eau, et les boutiques prestigieuses des créateurs israéliens.
Sur sa large promenade au plancher de bois, se pressent des milliers de visiteurs en quête d’un bon restaurant, de boutiques et d’attractions, avec en plus des couchers de soleils romantiques, quelques embruns portés par une brise marine et des voiles blanches se profilant à l’horizon – et le samedi après midi, vous découvrirez vite que vous n’êtes pas le seul à chercher cette combinaison magique.
Le pont qui enjambe le Yarkon relie le port à l’ancienne usine électrique historique Reading , dont l’intérieur sert aujourd’hui d’espace d’exposition pour les créations artistiques israéliennes post modernes Près du pont commence la Promenade du Yarkon, une voie piétonnière et cycliste qui court le long de la rive à l’est, pour aboutir dans le Parc National du Yarkon : ce sont là 430 hectares de verdure, de pièces d’eau, de terrains de jeu et d’activités de loisirs pour toute la famille